Je n'étais pas encore là quand Pete a débarqué au LAPD, mais ce que les anciens m'ont dit, c'est que c’était un jeune cadet, bercé d’idéaux, les insignes fièrement accrochés au veston, de bonnes notes et les yeux emplis des promesses qu’on lui avait inculquées à l’école de police.
Lorsqu’ils ont vu
arriver ce type ils se sont dit qu’ il n’en avait pas pour
longtemps. Soit il sera happé par la
rue, soit il quittera rapidement le service.
Avec son uniforme tiré
à quatre épingles, ses
manières de jeune premier, et une bouillante envie de faire son job
au mieux de ses compétences,
il n’en menait pourtant pas large le Pete.
Mais il était d’une
autre trempe.
Ce fils de Texan n’ était pas l’un de ces pieds
tendres que l’on voit trop
souvent traîner leur morgue dans les unités de terrain. C’était
un vrai flic, il avait l’instinct
et le flair, le courage et l’habileté, il avait tout compris du
métier. Lorsqu’il est arrivé, timide et
emprunté, il a d’abord écouté et appris des anciens, posant
toujours les bonnes questions, observant le travail, révisant
son droit et peaufinant sa connaissance de la rue.
Ses premières
sorties se sont bien passées, comme s’ il avait
fait ce boulot depuis des années.
Calme, courageux,
déterminé, et surtout, d’une intégrité au-dessus de tout
soupçon. Même ses
adversaires et les gens qu’ il côtoyait dans la rue garderont de
lui le souvenir d’un homme de parole, un homme droit qui
n’aurait jamais trahi. Mais ses qualités de flic n’ étaient pas
grand chose comparé à son humanité. Peter, c’ était
un bon flic, mais aussi le seul à pouvoir réparer la machine à
café du 35e étage, et surtout un homme de coeur et de
tendresse qui avait toujours un petit mot, un petit geste pour ses
camarades dans le pétrin.
Un sacré tombeur aussi, mais
avec de la classe, s’ il vous plaît.
Toujours fourré
chez le fleuriste ou chez un vendeur de petites culottes pour combler
de cadeaux ses multiples conquêtes, c’est sûr, Pete
avait un grand avenir et pour avoir fait équipe avec lui pendant un
an, je peux vous dire que c’était un sacré partenaire.
L’un de ceux en qui on peut toujours avoir confiance.
A moi il m'a tout simplement apprit ce que signifie être cops et quand il est mort dans mes bras, il a eu encore un sourire réconfortant et je crois bien que ses dernières paroles étaient "tu t'en sortiras bien..."
A moi il m'a tout simplement apprit ce que signifie être cops et quand il est mort dans mes bras, il a eu encore un sourire réconfortant et je crois bien que ses dernières paroles étaient "tu t'en sortiras bien..."
Catalina Jones - Article à paraître dans le Ground Zero du 10 Juin 2030


Courage Cat, on pense tous à toi bien fort.
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