Les différents documents concernant les affaires en cours. Backgrounds et ambiance inclus.
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mercredi 18 février 2026

Petites annonces



• Cherche molosse mâle issu d'un croisement entre pit bull et rottweiler pour reproduction avec chienne résultant d'un croisement entre doberman et bas rouge, Contacter le sergent Mira Santevista, K9 en détachement au commissariat de South Central.

• Contessa... Si certains appels te sont sourds, je supplie pour que le mien te parvienne.
Je dépose ma vie à tes pieds, tes yeux sont pour moi un océan dans lequel j'aime me perdre.
J'espère juste pouvoir en effacer la tristesse... Après tout... On peut essayer... non ?

• Vends, peu servi, cause inutile, cerveau en très bon état. De taille réduite, il n’autorise que la pratique des fonctions vitales essentielles (manger, déféquer, dormir, tirer). Demander le detective Moralès, des COPS.

• Recherche colocataire H ou F moins de 35 ans aimant la musique et les grosses soirées pour partager bel appartement de 132m² au coeur de Downtown (historic core) à 5 minutes du Central. Non sérieux s'abstenir, 806$ par mois plus les charges. Contacter la détective Clover Waites.

• Vends pour pièces, épave de Honda 1200VRR "Katana" cause décès. 800$ à négocier. Contacter le sergent Arthy Bawn, BSIU, Central

vendredi 30 janvier 2026

Edito du Lieutenant Noone 1006330


Lorsque nous avions lancé Ground Zero il y a de cela trois ans dans la cave du Sergent Fabridge, nous étions loin penser que le besoin de transparence et de vérité serait aussi important, non seulement chez les COPS, mais aussi dans tous les autres départements du LAPD.
 

En ces heures graves, où nous déplorons la disparition tragique de l’un de nos camarades, cette nouvelle formule de Ground Zero est salutaire. Elle est là pour nous rappeler que nous sommes à la base de tout, au plus près de la rue et de la vie. La rénovation, l’évolution, ne sont pas l’apanage des décideurs du haut de la pyramide. Elles viennent naturellement de la base, des hommes et des femmes qui luttent pour faire respecter le droit, de ceux qui ont l’âme chevillée à la rue, ancrés quotidiennement au contact des gangrènes de notre société. 

À vous de faire respecter vos droits, on n’en saluera que plus bas votre sens du devoir.

 • Lieutenant Noone

[Edito Ground Zero 10 Juin 2030]

vendredi 23 janvier 2026

Les Larmes de Crocodile



«Nous le ferons pour toi Peter».
 
Nous qui sommes tous les jours dans la rue, à la base, près des gens, nous ne nous laisserons évidemment pas endormir par la poudre aux yeux, le lyrisme de pacotille et les beaux discours. 


La campagne électorale approche, alors les belles déclarations d’intentions et les engagements solennels fleurissent. Dans le cas de notre bon procureur général, il confond visiblement South Central où est tombé Angelo avec Skid Row, bête noire des cabinets d'architectes et des politiciens au milieu de la vitrine de Downtown. Je n'irai pas jusqu'à penser que Jonathan MacConnroy ne connait pas les fondamentaux de sa ville. J'en conclue donc qu'il récupère la mort de Peter pour faire avancer ses propres objectifs.

Il y a toujours les enterrements de camarades, toujours les mêmes sonneries aux morts, les mêmes veuves éplorées qui sanglotent en silence avant que le maire ne leur donne l’accolade. Toujours le même drapeau que l’on plie sur le cercueil. Toujours les mêmes discours ronflants promettant plus de moyens et de considération. Des années que cela dure, que les proclamations va-t’en guerre précèdent rarement les actes.Mais qui nous croie et nous écoute ? Combien faudra-t-il de Peter Dawson exécutés par des gamins sans avenir pour que l’on prennent enfin conscience que la rue n’est pas aussi simple que le pensent les politiciens. Le grand public ne le sait pas. Il aime à écouter qu’il paye des impôts pour que la
police soit mieux équipée et mieux formée. Il pense que les rutilants Wolverine qui arrivent depuis peu en dotation seront l’arme ultime contre la criminalité. Il croit que ces superviseurs que l’on nous colle dans les pattes seront le moyen idéal pour rationaliser le fonctionnement de la police. Il pense que les COPS sont une unité d’élite, traitée comme telle et dotée de moyens et de pouvoirs exceptionnels.

Mais les bons citoyens pris à témoin tout au long de ce discours écœurant ne savent pas que la Californie dépense plus d’argent pour la répression des jeunes que pour leur éducation. Que le chiffre d’affaire du commerce de la drogue est deux fois supérieur à celui réalisé par l’industrie de l’entertainment, et que les pontes qui s’engraissent avec la came mangent tous les soirs à des tables huppées, toutes proches du pouvoir. Il y a plus de jeunes noirs et de chicanos dans les prisons que dans les écoles de Californie. Les dépenses sociales sont inférieures d’un tiers à celles consacrées à la sécurité. Avec l’argent qui est dépensé tous les ans pour entretenir les routes et habiller les policiers de Beverley Hills, on pourrait construire huit écoles et engager à plein temps dix assistantes sociales à Compton.


Vous le savez autant que nous, les difficultés que nous rencontrons dans la rue ne sont pas dues à un tempérament criminel pathogène et génétiquement programmé, mais bel et bien à l’abandon social dont est victime une part grandissante de la population de la ville.


Bien sûr, à la lecture de cet article, on va encore nous taxer de libéraux, de doux rêveurs qui devraient mieux se concentrer sur leur boulot. Alors oui, on continuera à le faire, le boulot. On continuera à se lever le matin pour prendre des risques. On continuera à voir tomber les collègues pour protéger et servir les innocents.


Mais que ceux qui nous paient n’oublient pas que nous savons vraiment comment cela se passe, et qu’ils n’essaient pas de nous berner.

Hey, les gars.

Notre job, on va le continuer.



Parce que nous croyons à la justice et à ce que nous faisons, et parce que Peter n’aurait pas supporté que nous arrêtions.
 

• Hugo Sanchez - Service du COPS

[Ground Zero 10 Juin 2030]

mercredi 12 février 2020

Peter, un partner. Un ami.



Je n'étais pas encore là quand Pete a débarqué au LAPD, mais ce que les anciens m'ont dit, c'est que c’était un jeune cadet, bercé d’idéaux, les insignes fièrement accrochés au veston, de bonnes notes et les yeux emplis des promesses qu’on lui avait inculquées à l’école de police.

Lorsqu’ils ont vu arriver ce type ils se sont dit qu’ il n’en avait pas pour longtemps. Soit il sera happé par la rue, soit il quittera rapidement le service.

Avec son uniforme tiré à quatre épingles, ses manières de jeune premier, et une bouillante envie de faire son job au mieux de ses compétences, il n’en menait pourtant pas large le Pete.

Mais il était d’une autre trempe. 

Ce fils de Texan n’ était pas l’un de ces pieds tendres que l’on voit trop souvent traîner leur morgue dans les unités de terrain. C’était un vrai flic, il avait l’instinct et le flair, le courage et l’habileté, il avait tout compris du métier. Lorsqu’il est arrivé, timide et emprunté, il a d’abord écouté et appris des anciens, posant toujours les bonnes questions, observant le travail, révisant son droit et peaufinant sa connaissance de la rue. 

Ses premières sorties se sont bien passées, comme s’ il avait fait ce boulot depuis des années.
Calme, courageux, déterminé, et surtout, d’une intégrité au-dessus de tout soupçon. Même ses adversaires et les gens qu’ il côtoyait dans la rue garderont de lui le souvenir d’un homme de parole, un homme droit qui n’aurait jamais trahi. Mais ses qualités de flic n’ étaient pas grand chose comparé à son humanité. Peter, c’ était un bon flic, mais aussi le seul à pouvoir réparer la machine à café du 35e étage, et surtout un homme de coeur et de tendresse qui avait toujours un petit mot, un petit geste pour ses camarades dans le pétrin. 

Un sacré tombeur aussi, mais avec de la classe, s’ il vous plaît.

Toujours fourré chez le fleuriste ou chez un vendeur de petites culottes pour combler de cadeaux ses multiples conquêtes, c’est sûr, Pete avait un grand avenir et pour avoir fait équipe avec lui pendant un an, je peux vous dire que c’était un sacré partenaire. L’un de ceux en qui on peut toujours avoir confiance.

A moi il m'a tout simplement apprit ce que signifie être cops et quand il est mort dans mes bras, il a eu encore un sourire réconfortant et je crois bien que ses dernières paroles étaient "tu t'en sortiras bien..."
 
Catalina Jones - Article à paraître dans le Ground Zero du 10 Juin 2030