California dreamin’
Entre aujourd’hui et 2030, le monde n’a
pas évolué vers le mieux. Vous pensez que le XXIème siècle est pourri ?
Vous n’avez encore rien vu.
« Little One » est le plus gros séisme jamais enregistré en Amérique,
qui réduit Seattle à néant et dévaste une bonne partie de la côte
ouest. C’est le début de la plus grosse crise économique depuis 1929
dans le monde occidental.
L’ancienne superpuissance américaine
affermit sa poigne à l’intérieur de son territoire et dans ses zones
d’influence. Elle devient un état autoritaire religieux et raciste.
Nombreux conflits armés, notamment en Corée et en Amérique du Sud.
Peu à peu, la crise économique disloque les Etats-Unis et le Canada.
Plusieurs états deviennent indépendants : Quebec, Haïti (état témoin de
Jéhovah), Hawaï, l’Utah (état mormon), le Nevada, et bien sûr la
Californie en 2026. William Ross (premier homme sur Mars) devient
président de cette nouvelle république bientôt rejointe par Hawaï et le
Nevada.
Après « Little One » le chapelet des
catastrophes naturelles n’a pas fini de s’égrainer. La ville de Tacoma
est vitrifiée en trois heures par l’explosion du Mont Rainier. Au Japon,
Kobé est anéantie par un séisme de force 9 avec complications
nucléaires. La côte ouest prend conscience qu’elle vit sur une poudrière
; près d’un million de personnes quittent la Californie en 20 ans. Sur
la route du départ, ces réfugiés croisent des centaines d’illuminés,
mystiques, sectaires de toutes sortes venus attendre le grand cataclysme
: un « Big One » promis pour bientôt.
Reste du monde : le
conflit indo-pakistanais dégénère en échange nucléaire ; l’Europe
devient un état fédéral ; pour certains nous ne sommes plus seuls dans l’univers. De
nombreux mouvements sociaux new-new-age et religieux se préparent à la
grande rencontre à travers le globe.
Les tensions raciales, religieuses et
socio-économiques ainsi que les catastrophes écologiques et naturelles
provoquent des vagues d’immigration sans précédent. La République de
Californie apparaît pour beaucoup comme un nouvel El Dorado, une
restauration du rêve américain. Les réfugiés, mais aussi les criminels
du monde entier viennent tenter de s’y faire une place au soleil.
La Cité des Anges
L’image internationale de la Californie
et toujours celle de ses plages, du showbiz, de la cause homosexuelle et
des hautes technologies (intelligence artificielle et robotique). La
réalité est un peu différente.
Entre les pressions extérieures de l’encombrant voisin, les enjeux du milieu de siècle et tout le pays à organiser, le chaos n’est pas loin.
Los Angeles est une multitude, un patchwork hétéroclite de populations
sans grand rapport entre elles. On recense plus de 200 langues et 14
millions d’âmes dans ce creuset surpeuplé et surpollué. La richesse la
plus indécente y côtoie la pauvreté extrême, les technologies de pointe
voisinent un mysticisme moyenâgeux, les ligues de vertu cohabitent avec
l’industrie porno. L’argent irrigue tout et, bien sûr, le crime aussi.
De Beverly Hills à Santa Monica, les
quartiers riches se terrent derrière de hauts murs alors que d’autres,
Watts, Compton, Norwalk, sont livrés aux guerres de gangs les plus
violentes. Dans certaines zones de non-droit, la police ne descend plus.
Les crises économiques ont vidés des banlieues entières, aujourd’hui
livrées au gob, une forme de pollution qui ronge le béton et fait
s’effondrer les immeubles. On se came dans tout South Central, on se
tire dessus dans la ville souterraine de LAX, même l’armée peine à tenir
Inglewood. La vraie Californie est celle des dealers, des mafias, des
marchands d’esclaves, des mendiants, des homeless et des chômeurs par
centaines de milliers.
Cette réalité moins rose est aussi celle
des flics. Une armée de fonctionnaires souvent sous-payés, des
commissariats de quartier aux plus hautes sphères de la politique. Pour
l’essentiel de pauvres types qui ont encore un vague idéal d’aide et de
protection du citoyen.
Cette réalité c’est la tienne, mec.
Central Organisation for Public Security
Depuis la fin du XXème, toutes les
polices du monde tendent vers l’ultra spécialisation. A chaque service
sa fonction : stups, gangs, crime organisé… Mais les relations complexes
entre départements, les échanges d’informations imparfaits et la
bureaucratie légale contribuent à ralentir la lutte contre des mondes
criminels en perpétuelle mutation.
En quittant la Californie, les agences
fédérales américaines (FBI en tête) n’ont rien laissé derrière elles. La
majorité des bases de données concernant les organisations mafieuses,
la délinquance financière et les tueurs en série ont été « perdues ».
Pour répondre à ces nouveaux enjeux, et
un peu pour des raisons publicitaires, le Los Angeles Police Department
(LAPD) a fondé une unité d’élite transversale ; à l’origine composée de
50 membres. La Central Organisation for Public Security (COPS) ce sont des moyens humains et financiers exceptionnels,
la crème de la police californienne avec des équipements dernier-cri
(comme le mythique Colt Afrikaner fabriqué en série limitée), et des
uniformes dessinés par Karl Lagerfeld. On recrute les meilleurs agents
dans toutes les disciplines, avec pour prérogative de pouvoir se saisir
de n’importe quelle affaire sur le comté de L.A, en dessaisissant
automatiquement les autres agents en charge.
Vitrine de la modernisation des forces
de police, coqueluche des médias et service de tous les records (y
compris celui de la mortalité sur le terrain), le COPS a aujourd’hui
stabilisé ses effectifs autour de 200 détectives dirigés par le
Capitaine Jason Scripnick. La plupart des vétérans d’autres services,
refroidis à l’idée d’être haïs par leurs collègues, ont finalement
laissé la place à une majorité de jeunes, avides de faire leur preuves
en grimpant très vite dans les échelons de la police. Une seule affaire
peut vous faire entrer au panthéon ou détruire votre carrière.
Même au sein du LAPD, nombreux sont ceux qui affichent leur agressivité
scepticisme à l’égard de ce nouveau service. Malgré leurs pouvoirs
exceptionnels et les sommes investies, les résultats sont moins
spectaculaires que prévus. Sur l’avenir du COPS à court et moyen terme,
les paris sont ouverts.


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